ennui en apprentissage

Prévenir l’ennui en apprentissage…

Publié le Publié dans Apprentissage

J’ai récemment lu un excellent article du Harvard Ed Magazine sur l’ennui dans la salle de classe et je vais vous le résumer ici, car, vous le verrez, la France n’a pas le monopole d’un système éducatif oisif et vide de plaisir pour ses « clients » ! Je trouve que l’article pourrait aussi s’appliquer à toute la formation en général et pas qu’à l’école.

En 2013 aux États-Unis, sur les 500.000 élèves du primaire ayant répondu à un sondage, 80% se disaient « engagés », c’est-à-dire attentifs, curieux et optimistes concernant leur apprentissage à l’école. Ce pourcentage tombe à 40% pour les élèves du secondaire ! La moitié des adolescents choisissaient les adjectifs « ennuyé » et « fatigué » parmi une liste de 14.

Les raisons évoquées sont les tests standardisés, le manque de nouveauté et de motivation externe et surtout le passage d’un apprentissage tactile et créatif au primaire à un apprentissage cérébral et réglementé au secondaire.

L’ennui et l’élève moyen

Selon l’auteur Peter Toohey (« Boredom : A lively history »), l’ennui n’existerait pas, mais serait plutôt un mélange de la frustration, la déprime, le dégoût, l’indifférence et la lassitude. A l’école, l’ennui est considéré comme un défaut de caractère.

En 2010 en Allemagne, la moitié des élèves qui décrochaient de l’école citent l’ennui comme raison principale.

Jal Mehta, professeur d’éducation à Harvard dit que l’engagement est une condition préalable à l’apprentissage. L’effet de l’ennui est cumulatif : l’ennui mène à des mauvais résultats qui eux-mêmes génèrent de l’ennui et ainsi affecte la perception de l’élève de sa capacité d’apprentissage.

Dans son livre « La tyrannie de la norme », Todd Rose explique que les programmes sont conçus pour les élèves moyens. Dans ce cas, la salle de classe n’est idéale pour personne. Si l’on croit que tous les élèves sont capables, on construirait des environnements qui œuvrent pour soutenir l’engagement et nourrir les potentiels. (Voir son excellent vidéo ici).

Il faut de la pertinence !

Deux solutions proposées sont la responsabilisation de l’apprenant et le travail en mode projet.

Mehta soutient qu’il faut un peu d’ennui – des heures de répétition sont nécessaire pour apprendre un instrument par exemple. Mais si le parcours n’a pas de sens, l’ennui devient insupportable. Il s’agit surtout de pertinence.

A un moment où les adolescents deviennent des êtres sociaux – s’engagent dans la société, dans la politique – l’école n’est pas à l’écoute de leurs idées, l’école impose. Asseyez-vous, taisez-vous, regardez devant ; comme dans un avion ! Donner plus de responsabilité aux élèves aurait l’effet de les engager davantage.

Un autre souci concerne le planning – démarrer les cours à 8h fait que des élèves manquent de sommeil et sont moins attentifs. Les premiers cours de la journée ont souvent la moyenne la plus basse de toutes les matières. Dans un cours de 45 à 50 minutes, après les tâches subalternes, il n’y a pas le temps d’engager les élèves.

L’article conclut en disant que l’inverse de l’ennui n’est pas le divertissement. Inutile donc de remplir des salles de classe avec de la réalité virtuelle et des iPad ! Il s’agit de trouver comment rendre les cursus plus pertinents, plus personnels et plus probants.

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